Les enfants, à table !

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Les règles de bonne conduite à table. Miam Collection

L’automne pointe le bout de son nez, les enfants ont fait leur rentrée et la maisonnée reprend un rythme de croisière. De nouveaux horaires, de nouvelles activités, une nouvelle organisation, la rentrée scolaire est souvent aussi le moment de bonnes résolutions, l’occasion d’effacer les dérives des mois passés, de prendre comme un nouveau départ ! A la maison, en cette rentrée, j’ai choisi de rappeler certaines règles, concernant notamment le comportement de mes princesses lors des repas. En effet, toutes princesses qu’elles soient, un petit rappel des règles de bonne conduite à table s’imposait afin que nos repas se déroulent dans un calme relatif. Et je voulais partager cette expérience avec vous !

La table, un lieu d’apprentissage

La table est un lieu stratégique pour l’apprentissage des règles de bonnes conduites, de politesse, un moment de communication important pour cultiver les relations sociales et apprendre l’art de la conversation. Oui … rien que ça ! Je n’éduque pas mes enfants de manière stricte, je pense même être une maman plutôt cool, mais pour moi, il est important de leur transmettre un minimum de savoir-vivre dès l’enfance, afin que les repas ne se transforment pas en champ de bataille. Ce qui est appris petit, devient une seconde nature à l’âge adulte. Prendre de bonnes habitudes leur permettra, plus tard, de s’adapter à toutes les situations, que ce soit dans un cadre personnel ou professionnel.

« Un enfant qui a de bonnes manières, trouvera sur son chemin plus de sourires et de nouveaux amis, que de méfiance et de visages fermés lorsqu’il partira à la découverte du monde. Elles montrent notre respect des autres, et sont essentielles pour se faire accepter d’eux. »

Thomas Berry Brazelton, pédiatre

Instaurez quelques règles pendant les repas est un outil pour l’avenir, à condition d’expliquer leur bien-fondé aux enfants, et de demander à ce que chacun (enfants et parents) les mettent en application. En effet, l’enfant apprenant par mimétisme, il observe et copie les gestes et les attitudes parentales … Une bonne occasion donc pour les parents de faire des révisions !

Les règles de la maison

assiette-dessert-princesse-je-me-lave-les-mainsAvant de manger, je vais aux toilettes et je me lave les mains

Voilà bien deux règles élémentaires, qu’à mon grand désarroi, je dois répéter tous les jours. Mais pourquoi est-ce si difficile de leur inculquer ces règles de propreté ? En fait, ces gestes quotidiens sont contraignants pour les petits et ils n’en voient pas tout de suite l’utilité ! Pour encourager un enfant à adopter les règles d’hygiène, il faut donc commencer par un peu de pédagogie. Je leur ai donc expliqué que lorsqu’elles passent aux toilettes ou rentrent de l’école, les mains de leurs Majestés ont été en contact avec des microbes et qu’elles doivent se laver les mains pour éviter de tomber malades et de contaminer toute la famille. Les mains sont en effet, de véritables nids à virus. Il est donc essentiel de se laver les mains plusieurs fois par jour, surtout en période hivernale afin de lutter contre les rhumes, les gastro-entérites et autres joyeusetés ! Une enquête auprès de jeunes enfants a en effet révélé que ceux qui se lavaient les mains au moins 4 fois par jour (avant chaque repas) étaient beaucoup moins malades que les autres !
Cela étant dit, se laver les mains ne signifie pas seulement les passer sous l’eau … Il faut les laver avec du savon, veiller à bien frotter entre les doigts et s’essuyer correctement les mains avec une serviette propre et sèche. Pour leur faciliter la tâche, pensez à mettre à la disposition de votre enfant un petit marchepied pour qu’il soit à hauteur du lavabo.

Je me tiens bien assis sur ma chaise

Pour faire du repas un enfer, il suffit d’installer son enfant sur une chaise mal adaptée. Alors saisi de bougeotte, il balance ses pieds, ses jambes, se trémousse sur la chaise, pour finir par quitter la table. Pour qu’il se tienne correctement à table et apprenne à manger proprement, il faut faire attention à la chaise sur laquelle il s’assoit. Elle doit être confortable, stable, et bien adaptée à sa taille, afin qu’il puisse avoir une bonne posture à tous les âges. Choisissez donc de préférence un modèle qui soutient les pieds et bien sûr le dos de votre enfant. Le cale-pied permet à l’enfant de ne pas avoir les pieds ballants dans le vide et que la circulation sanguine ne soit pas coupée au niveau des cuisses. Il doit être réglable car tous les enfants n’ont pas la même longueur de jambes. Faites également attention à la hauteur de la chaise, car rien n’est plus désagréable pour un enfant que d’avoir la tête qui dépasse à peine de la table : il a du mal à manger et ne peut pas participer aux discussions. La tablette, si tablette il y a, doit être suffisamment grande pour y poser convenablement l’assiette, les couverts, la timbale lorsque votre enfant mange tout seul.

Chaise Tripp Trapp Stoccke
Personnellement, mon choix s’est porté sur une chaise évolutive : la Tripp Trapp de chez Stokke. Je l’ai trouvé tellement pratique que j’en ai acheté une autre à la naissance de ma deuxième. Certes, c’est un investissement, mais mes filles pourront les utiliser toute leur vie. De la naissance à l’âge adulte, cette chaise s’adapte vraiment à toutes les évolutions : l’assise et le cale-pied sont réglables, elle est facile à nettoyer, prend finalement peu de place par rapport à d’autres chaises hautes du marché. Ce que j’apprécie par-dessus tout, c’est qu’il n’y pas de tablette : les enfants sont installés à notre table, peuvent participer au repas, attraper ce qu’il y a dans l’assiette de Papa et Maman pour goûter et ne sont pas isolés dans un coin de la cuisine. Je trouve qu’en termes de sociabilisation, d’éducation au goût, sans tablette, c’est vraiment mieux !

assiette-a-dessert-prince-je-goute-avant-de-dire-que-je-n-aime-pasJe goûte avant de dire que je n’aime pas

« J’aime pas ça, Maman… » On a tous entendu cette phrase des millions de fois, y compris pour des courgettes qu’ils ont mangé la semaine dernière ! A la maison, avant de dire que l’on n’aime pas un aliment, il faut le goûter, à chaque fois qu’il est présenté. Un nouveau mode de cuisson, quelques épices ou une sauce peuvent vraiment changer le ressenti de l’enfant. Cependant, ne forcez jamais votre enfant si vous voyez qu’il se bloque, car il est important qu’il reste curieux face à la nouveauté sans la redouter. D’autant plus qu’il a le droit, comme vous, de ne pas apprécier un aliment. L’idée est de faire l’effort de goûter et d’avaler, parce que qu’on s’entende bien : mettre dans la bouche et recracher, ce n’est pas goûter ! Si cela ne passe vraiment pas, il faut essayer de parler avec lui de ce qu’il aime ou n’aime pas, de ce qu’il ressent, de décrire les aliments : si c’est la saveur, la consistance, la texture qui n’est pas à son goût … Cela peut contribuer à mieux le comprendre, à mettre des mots sur son refus, à connaître ses goûts et peut-être à éviter les conflits. Par exemple, en entamant ce genre de discussion avec mon aînée j’ai compris qu’elle n’aimait pas le poivre, autant elle raffole du piquant de la moutarde, autant le poivre c’est rédhibitoire ! Je fais donc attention à ne pas mettre de poivre dans son assiette.

Et si vous votre enfant refuse catégoriquement de goûter aux légumes, lisez cet article, cela peut, peut-être, vous aider : Comment faire manger des légumes aux enfants ?

J’utilise mes couverts pour manger

Dès que les enfants sont assez grands pour manger tout seul, il sont en général assez motivés par l’utilisation des couverts, enfin au moins au début ! Tenir une fourchette, une cuillère et les porter à sa bouche, sans en renverser le contenu, demande de la persévérance, de la dextérité, une coordination main-oeil. Afin de les aider dans cet apprentissage – laissez tomber vos exigences de propreté pendant quelques temps 😉 – bannissez les fourchettes en plastique pour bébé qui piquent difficilement les aliments. C’est déjà assez compliqué comme ça pour votre enfant, facilitez-lui la tâche avec de petites fourchettes en métal, adaptées à la taille de sa main. Vous en trouverez dans les boutiques d’art de la table ou pour plus d’économies, récupérer les fourchettes à dessert ou à escargot de votre grand-mère. Elles sont parfaitement adaptées ! Et faites confiance à vos enfants, ils ne vont pas s’embrocher l’œil !

assiette-a-dessert-prince-je-mange-la-bouche-fermee2Je mâche la bouche fermée, sans parler

Bon, je ne vous fais pas dessin, parler la bouche pleine n’a jamais donné de résultats concluants ! J’essaye d’expliquer à mes filles que parler la bouche pleine est contre-productif puisque toute la nourriture ressort… Et que, de plus, ce spectacle n’est pas très agréable pour les autres convives ! Je répète ainsi jour après jour qu’elles doivent mâcher la bouche fermée et ne pas mastiquer bruyamment. Pour ma cadette, ce travail commence manifestement à porter ses fruits lorsqu’elle s’adresse à son père, en lui faisant les gros yeux : « Pas bouche parlée, Papa !  » Et oui, Papa aussi doit faire des efforts…

J’écoute les autres et j’attends mon tour pour parler

J’ai deux pipelettes à la maison qui ont une imagination débordante et tellement de choses à nous raconter qu’elles en oublient parfois de manger ! Autant vous dire que pour parler avec Chéri, certains jours c’est un peu la guerre ! Nous essayons tant bien que mal de canaliser leurs flots de paroles en leur demandant de patienter, que tout le monde pourra s’exprimer, et qu’il n’est pas possible de parler tous en même temps. Et vous, vous avez les mêmes repas ? Quelles solutions avez-vous mis en place pour que tout le monde s’écoutent parler sereinement ?

assiette-a-dessert-princesse-s-il-te-plait-et-merciJe dis s’il te plait et merci

Ah … les mots magiques !  Merci et s’il te plaît font partis des premiers mots que les enfants apprennent. Pour autant, c’est loin d’être un réflexe acquis pour mes filles ! Mais que signifient ces expressions au juste ?
« S’il te plaît » veut dire : « Si ça te plaît. » L’énoncer signifie que l’on accepte que l’autre ait un désir dont on n’est pas maître : ça peut ne pas lui plaire de faire ce qu’on lui demande. Il le fera… s’il le veut bien.
« Merci », parce que, précisément, l’autre – qui a des désirs à lui – n’était pas obligé de faire ce qu’il a fait. On lui dit donc qu’on lui sait gré de l’avoir fait. La politesse est un mode d’emploi des autres et du monde, indispensable à la construction de l’enfant. C’est un moyen (qu’on lui donne) d’apprendre à maîtriser ses pulsions, ce qui facilite ses échanges avec les autres et son apprentissage de la vie en société. Elle enseigne l’existence de l’autre, et le respect de sa différence. Comment enseigner la politesse à un enfant ? Parents, armez vous de patience ! Expliquez l’importance de la politesse, répéter et répéter encore et surtout montrez l’exemple !

Je m’essuie avec ma serviette

Je ne sais pas pour vous, mais la serviette ou le bavoir reste un indispensable durant les repas. Cela dit, ce n’est pas pour autant, qu’elles s’essuient avec, surtout les mains que je vois souvent de balader sous la table vers le pantalon ou la belle jupe… Il faut avoir l’œil ! Pour leur faire accepter de mettre un bavoir ou une serviette autour du cou – parce que pensez-vous, elles sont grandes, elles n’en ont pas besoin ! – j’ai trouvé des bavoirs avec de jolis tissus, illustrés de licornes, de chats, bref de motifs qu’elles adorent, et cela me facilite grandement la vie !

Pour voir ma sélection shopping, cliquez ici : De-jolis-bavoirs-pour-les-grands

 

assiette-a-dessert-princesse-je-ne-sors-pas-de-table2Je demande l’autorisation pour sortir de table

Pour un enfant, les repas peuvent vite paraître interminables. La règle veut qu’il puisse quitter la table lorsqu’il a fini son assiette et après vous avoir demandé l’autorisation. A vous de voir si vous souhaitez qu’il attende également que tout le monde soit servi pour commencer à manger. Mais respectez son âge, son rythme : 20 – 25 minutes, pour un enfant de maternelle, c’est déjà pas mal !

De la patience, encore et toujours…

A l’énoncé de toutes ces règles de bonnes conduite à table, je me rends compte que j’ai encore beaucoup de travail ! Les règles de la politesse concernant les repas sont nombreuses. J’ai seulement évoqué celles qui me paraissent importantes aujourd’hui dans mon quotidien. A vous de juger ce qui vous paraît incontournable, selon l’âge et le rythme de votre enfant. Mais surtout, n’oubliez pas une chose : le repas doit rester un moment de plaisir. Une fois que l’on a édicté toutes ses règles, montrez à vos enfants que dans certaines situations on n’est pas obligé de toujours les respecter ! Manger avec ses doigts au fast-food, s’asseoir par terre lors d’un pique-nique, se préparer un plateau-repas devant la télé, découvrir d’autres traditions culinaires et donc d’autres règles et habitudes à table sont autant d’occasions de transgresser ces règles ! Amusez-vous !

Allez, courage, tous ces efforts ne seront pas vains ! La pédagogie n’est-ce pas l’art de répéter ?

Pour rappeler les règles à table avec humour, j’ai craqué pour les assiettes de Petit Jour qui illustrent cet article, allez faire un tour sur leur site : www.petitjour.com

Et pour aller plus loin, voici deux livres :

C'est l'enfer à table, Quand les repas de l'enfant sont difficiles, Laurence Haurat

Une journée Montesorri, Organisez votre quotidien pour révéler les super pouvoirs de vos enfants ! Audrey Zucchi. C’est l’enfer à table, Quand les repas de l’enfant sont difficiles, de Laurence Haurat, Éditions Eyrolles, 2012, 213 p., 14.90€.

Une journée Montessori, Organisez votre quotidien pour révéler les super pouvoirs de vos enfants !, de Audrey Zucchi, Éditions Marabout, 2017, 302 p., 16.90€.

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